Engagez-vous !

Hedwige y réfléchissait depuis de nombreux jours : plus possible d’attendre le reste de la Compagnie, il fallait recruter. Elle avait longuement répété, mimant les poses et imitant la prose du capitaine Willer, le vrai.

En entrant dans l’auberge L’esgourde à cochon du dénommé Vigo Schültz, elle savait que c’était la bonne occasion. Après un bref exercice de respiration et un raclement de gorge pour rendre sa voix plus grave, elle se glissa, désormais de plus en plus facilement, dans la peau du « capitaine Willer », oubliant la pauvre Hedwige.

Jetant négligemment une bourse d’or qui vomissait son contenu sur le comptoir pour attirer l’attention générale, elle se tourna vers l’assistance de mercenaires de l’auberge.

Lire la suite

Publicités

Correspondances entre Volkner et le Grand Théogoniste

Extrait n°1 :

Frère-Capitaine, comme convenu, vous devez faire preuve de la plus grande vigilance vis-à-vis du Lecteur de Talabheim.

Grand Théogoniste Volkmar von Hinderstern

Extrait n°2 :

Frère-Capitaine, vous trouverez dans la cassette attenante des fonds pour accroitre l’influence de notre vénéré Sigmar en la ville de Talabheim.

Grand Théogoniste Volkmar von Hinderstern

 

Testament de Volkner

Moi, Frère-Capitaine de l’Ordre du temple de Sigmar, couche ici mes dernières volontés.

A l’aîné de mes batards, je lègue ma propriété d’Altdorf,

Au puîné de mes bâtards, je lègue ma fortune personnelle qui se trouve dans mes quartiers ainsi que chez le maître-argentier Siegbert Kluckholn résidant à Middenheim.

Au benjamin de mes bâtards, je lègue ma charge de petit échanson d’Empire.

A mon frère Berthold du Temple de Sigmar à Talabheim, je confie le marteau Grügnir, apanage de l’Ordre du temple de Sigmar, ainsi que mon grimoire de bataille.

A mon frère d’arme Aldehelm Schlechter résidant à Nüln, je lègue le Croc.

Pour Sigmar, pour Morr, pour l’Empereur.

Wendogg Volkner

Grimoire sacré de Sigmar de Talabheim

Imposant grimoire rédigé de la main même de Sigmar lors de son séjour à Talabaheim, il y a plus de deux millénaires. La reliure magique protège le contenu des outrages du temps et de la vermine.

Reposant dans le grand coffre du temple de Sigmar de Talabheim, il a été évacué par la Compagnie des Ardents pour éviter qu’il ne tombe entre les pattes velues des skavens.

Possesseur actuel : Albior de Nhamur.

Le sabbat des mutants et le miracle de Sigmar

Les Ardents, essoufflés, endoloris et fatigué d’une journée de combat, d’une nuit d’horreur et d’une autre journée d’exil arrivèrent à Eadstat. Svajoné, parti en éclaireur, entendit des bruits joyeux, loin des cris, larmes et souffrance de Talabheim et pressa le pas. Au détour d’une allée de cyprès, donnant sur la place centrale du village, auréolé de la lueur putrescente de Morslieb, l’Ardente tomba sur une parodie de fête impie.

Réunis autour d’un feu de joie aux teintes rosées chatoyantes, ce qui semblait être le bourgmestre se tenait torse nu, deux tentacules lui sortant des côtes, les yeux enfiévrés d’une lueur obscène, se délectant de la souffrance d’un pauvre hère se faisant dévorer par l’horrible feu mutagène. Autour de lui, moquerie chaotique d’une fête pastorale, se tenaient ses brebis : tas de mutants dégénérés, séides du chaos et pion du Maitre du Changement. Des enfants nu, aux dents longues, jappaient et criaient joyeusement, tentant d’arracher des lambeaux de chair du malheureux attaché.

Révérencieusement placés à côté du magus, deux apprentis officiaient à la cérémonie.
Cette vision glaça le sang de Svajoné. Alors que son esprit enregistrait tous ces morbides détails, le hululement de plaisir du magus résonna dans la place :

– Mes enfants, le Maitre est content de nous, il nous en envoie une autre !

Un concert de louange extatique fut la réponse du chœur. D’un tour de main, le magus envoya le baiser de Tzeench, trait de feu rosée embraser et flétrir Svajoné. La douleur horrible et l’odeur de sa propre chair brûlée sorti Svajoné de sa langueur. Retrouvant son entrainement et voyant les enfants chien courir l’œil vicieux vers elle, elle modela le Vent de Jade pour disparaitre sous terre et revenir plusieurs dizaines de mètres derrière. Prenant de grands risques à cause de Morsliebs elle répéta plusieurs le sortilège. Il fallait prévenir les Ardents.

Pendant ce temps-là, la compagnie avançait lentement. Albior, pris d’un remord intense à l’égard de son abandon du culte, de son amour pour la bouteille et se questionnant sur le devenir de Hans, était perdu dans ses pensées. La mine sombre, il avançait laborieusement, ployant sur le poids de la relique sacré rangée dans son havresac.

Le grimoire millénaire des écrits de Sigmar du temple de Talabheim, sauvegardé par la Compagnie des Ardents.

À ses côtés, décidée à le dérider, Hedwige usait de ses charmes pour le faire parler. Sa respiration sifflante, sa fatigue et ses propres turpitudes hélas firent échos à celles d’Albior.

Eckhardt se tenait en retrait, sa discipline mentale fortement mise à l’épreuve par l’anneau de Khorne qu’il portait. Entre Morslieb qui lui susurrait les voies du Changement et la haine sourde qu’il ressentait dans la boite, son esprit était doucement en train de sombrer avec seul son fanatisme comme bouée pour se raccrocher. Seul Guntar semblait plus ou moins inchangé. Ployant sous le poids de l’or qu’il portait, heureux d’avoir l’esprit vif, il caressait par moment le « coquetier de Sigmar » l’œil avide. La compagnie avait connu des jours meilleurs.

Svajoné apparue alors devant Eckhard en hurlant.

– Ardents, en formation, ils arrivent !

– Hein ? Qui arrive demanda le capitaine

– Le village, le mage, haleta Svajoné. Tous mutants. C’est horrible.

Voyant la face flétrie et l’œil apeuré de Sjavoné, Hedwige rassembla ses ardents derrière un muret en formation. Les premiers mutants visibles furent la cible des flèches de l’Ardente, priant Taal, Dieu de la Chasse, afin que chaque trait porte. Dans les cieux verdâtres, une flamme rosée fut rapidement visible. Le magus de Tzeench, auréolé d’une aura rose, volait au-dessus de son troupeau boursouflé.

Les mutants de Tzeench se jetant sur la Compagnie

Un combat désespéré s’engagea entre une troupe d’Ardent au bout du rouleau et des mutants frais et hideux. L’apparition du magus sembla redonner des forces au sorceleur. Dans ce qui semblait être des cris déments en Haut Riekspiel, ses yeux devenus d’or, le membre de la flamme purificatrice échangea des traits de lumière avec les flammes roses du magus. La haine des deux adversaires étaient tangibles et goguenard, le Maitre de Toute Magie donna l’avantage à l’Ardent. Un trait particulièrement puissant transperça le bouclier de pouvoir du magus disgracié et ce dernier chut du ciel sans un mot.

Les faveurs de la bataille hélas restèrent du côté du Chaos. Bien que vaillante, des coups de fourche fouaillèrent rapidement les chairs de Svajoné, déchirant ses muscles et transperçant ses poumons. Hedwige, sans armure, épuisée et déjà bien blessée fut acculée par d’autres coups. Albior visé par les apprentis esquiva une flamme et vit une autre s’écraser sur une sorte de champ de force. Hélas séparé du reste des Ardents, il fut rapidement entouré d’une meute de dégénérés. Implorant Sigmar de le pardonner, il s’engouffra dans la mêlée pour tomber à son tour.

L’horreur pris les Ardents et souffla l’espoir qui avait été instillée au début du combat par Hedwige. Albior, leur roc, leur guerrier invincible venait de se faire faucher. Il n’avait même pas eu le temps de tuer un de ses adversaires que la mort l’avait emporté. Il ne restait que trois Ardents face à un village entier. Au loin les retardataires arrivaient. Le dernier apprenti eu le crane asséché par le vent lumineux d’Eckhardt tandis qu’il se faisait blesser au bras par l’un des mutants qui l’entourait.

La fin était proche.

C’est alors qu’une lumière dorée rayonna du cadavre d’Albior. Pour être plus exact, du sac à dos qu’il portait. Les mutants prirent peur et refluèrent. Les magus n’étant plus là pour les protéger des pouvoirs sacrés de Sigmar, leur veulerie naturelle revint. Quelques rapides coups furent encore échangés mais sans conviction et les mutants laissèrent les trois survivants. Eckhardt s’approcha de Sjavoné pour la soigner et retint un cri. La lumière de Sigmar brûlait l’anneau corrompu qu’il portait, marquant sa chair d’un grésillement sourd et annelé. Laissant tomber l’anneau au sol, il tenta d’user de sa magie pour soigner l’Ardente. Elle aurait dû mourir mais elle vivait, à la lisière du Pays de Morr. Le Don de Tzeench étant difficile à utiliser dans la lumière de Sigmar, le Sorceleur se blessa mais réussi à éveiller la mage. De son côté Guntar faisait boire une potion, dubitatif, au cadavre d’Albior qui ouvrit à son tour un œil.

La lumière miraculeuse émanant des runes du grimoire de Sigmar

Svajoné et Albior moururent cette nuit-là et furent sauvés par Sigmar. Que nul ne s’y trompe, Morr n’a pas été abusé. L’entrée de ces deux héros dans son Jardin n’était que retardée. Sigmar avait une tâche pour les Ardents : sauver Talabheim. L’esprit et le corps fragilisé par cette épreuve, dans une nuit hostile, sous le regard de Morslieb, une nouvelle page de la compagnie restait à écrire…

13e séance du 18/12/2017